The fight against cancer in Africa at the end of the Covid-19 pandemic and in the era of the Ukrainian crisis
La lutte contre le cancer en Afrique au sortir de la pandémie du Covid-19 et à l’ère de la crise ukrainienne

S. Ka1, MM. Dieng1, A. Dem1.
1 Institut Joliot Curie de Dakar, Sénégal.
DOI: 10.54266/ajo.2.2.45

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L’état des lieux de la lutte contre le cancer en Afrique subsaharienne, particulièrement en Afrique de l’Ouest, permet de faire le constat qu’il n’y a pas de réels programmes de lutte contre le cancer (1).

Le cancer est une maladie évitable dans près de la moitié des cas et donc non évitable pour une autre moitié (2). Il faut donc partir du principe que c’est un fardeau non évitable. Ce constat permet d’envisager la lutte contre le cancer sous 3 angles principaux : l’angle préventif, l’angle diagnostic et l’angle thérapeutique et de surveillance.

La prévention des cancers nécessite un effort soutenu axé sur la sensibilisation et la disponibilisation des ressources. Le traitement des cancers en Afrique est une équation à multiples variables. Le diagnostic tardif de la plupart des cancers rend nécessaire une disponibilité de ressources humaines formées, de cadres de traitement spécialisés et relevés et un effort soutenu pour une politique de soins palliatifs et d’accompagnement (3).

Il est nécessaire d’implanter des programmes en Afrique adaptés à nos réalités, soutenus par des politiques courageuses. Si on n’investit pas sur le cancer, on s’appauvrit du cancer. A tout échelle !

A la sortie de la pandémie du Covid-19, le monde s’est appauvrit et les bailleurs avec. La dette immunitaire est en train d’être payée par l’émergence de nombreuses épidémies principalement de types respiratoires. La face cachée de l’iceberg est sans doute la dette systémique liée aux programmes de soins interrompus, aux cancers non diagnostiqués et aux malades non traités (4).

C’est dans ce contexte que l’Afrique a été frappée de plein fouet par la crise internationale liée à la guerre en Ukraine. L’inflation et la mobilisation des ressources est orientée prioritairement vers la résolution de problèmes alimentaires et le maintien en survie des économies. Ce qui laisse en rade l’épineuse question de l’investissement dans les maladies non transmissibles et particulièrement dans la mise en place et l’exécution de plans cancers (5). La lutte contre le cancer en Afrique ne peut attendre. Investir dans le cancer permet de créer de l’emploi, de diminuer l’investissement en soins couteux et maintenir des ressources humaines en bonne santé pour un meilleur développement (6).

CONFLITS D’INTERET : Les auteurs n’ont déclaré aucun conflit d’intérêts.

REFERENCES

  1. Ngwa W, Addai BW, Adewole I, Ainsworth V, Alaro J, Alatise OI, et al. Cancer in sub-Saharan Africa: a Lancet Oncology Commission. The Lancet Oncology. juin 2022;23(6):e251‑312. DOI: 10.1016/S1470-2045(21)00720-8
  2. Lippman SM, Hawk ET. Cancer Prevention: From 1727 to Milestones of the Past 100 Years. Cancer Research. 1 juill 2009;69(13):5269‑84. DOI: 10.1158/0008-5472.CAN-09-1750
  3. Stefan DC, Elzawawy AM, Khaled HM, Ntaganda F, Asiimwe A, Addai BW, et al. Developing cancer control plans in Africa: examples from five countries. The Lancet Oncology. avr 2013;14(4):e189‑95. DOI: 10.1016/S1470-2045(13)70100-1
  4. Pinato DJ, Tabernero J, Bower M, Scotti L, Patel M, Colomba E, et al. Prevalence and impact of COVID-19 sequelae on treatment and survival of patients with cancer who recovered from SARS-CoV-2 infection: evidence from the OnCovid retrospective, multicentre registry study. The Lancet Oncology. déc 2021;22(12):1669‑80. DOI: 10.1016/S1470-2045(21)00573-8
  5. Pereira P, Bašić F, Bogunovic I, Barcelo D. Russian-Ukrainian war impacts the total environment. Science of The Total Environment. sept 2022;837:155865. DOI: 10.1016/j.scitotenv.2022.155865
  6. Ramsey SD, Dusetzina SB. Weighing Costs and Benefits in the Economics of Cancer Care. JCO. 1 févr 2020;38(4):289‑91. DOI: 10.1200/JCO.19.02316