Epidemiology and anatomoclinical features of urological cancers at surgical oncology unit of Donka University Hospital
Epidémiologie et présentations anatomo-cliniques des cancers urologiques à l’unité de chirurgie oncologique du CHU Donka

B. Traoré1, R. Bah1, M. Bah1, FS. Keita1, SM. Barry1, T. Kourouma1.
1 Unité de chirurgie oncologique, Hôpital National Donka, CHU de Conakry, Guinée.
DOI: https://doi.org/10.54266/ajo.1.1.10.10

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ABSTRACT

AIM: To determine the frequency and describe the anatomoclinical features of urologic cancers attending at the surgical oncology unit of Donka National Hospital. MATERIALS AND METHODS: This study was retrospective and descriptive concerning the patients followed and treated for urological cancers at the Donka oncological surgery unit from 2007 to 2017. Age, sex, primary sites and histological types were studied. RESULTS: We recorded 40 cases of urological cancers, 31 (77.5%) of which were male. Their age ranged from two to 81, with an average of 44.0 years. Primary sites were kidney (14 cases), prostate (12 cases), bladder (eight cases), testis (four cases), penis (one case) and urethra (one case). Kidney cancer were nephroblastoma (seven cases) and clear cell carcinoma (seven cases). All prostate cancers were adenocarcinomas. Bladder cancer included urothelial carcinoma (three cases), squamous cell carcinoma (two cases), lieberkhunien adenocarcinoma (one case), rhabdoid sarcoma (one case) and carcinoma poorly differentiated (one case). Testicular cancers were embryonic carcinomas (two cases) and seminomas (two cases). Penile and urethra cancers were respectively squamous cell carcinoma and urothelial carcinoma. CONCLUSION: Urologic cancers were relatively common in our unit. The most common were kidney, prostate and bladder cancers.
KEYWORDS: Epidemiology; Kidney; Prostate; Bladder; Cancers.

RESUME

OBJECTIF : Déterminer la fréquence et décrire les aspects anatomocliniques des cancers urologiques à l’unité de chirurgie oncologiques de l’hôpital national Donka. MATERIELS ET METHODES : Cette étude était rétrospective et descriptive concernant les patients suivis et pris en charge pour cancers urologiques à l’unité de chirurgie oncologique de Donka de 2007 à 2017. L’âge, le sexe, les localisations primitives et les types histologiques ont été étudiés. RESULTATS : Nous avons colligé 40 cas de cancers urologiques dont 31 (77,5%) de sexe masculin. Ils étaient âgés de deux à 81 ans, avec une moyenne de 44,0 ans. Il s’agissait de cancers du rein (14 cas), de la prostate (12 cas), de la vessie (huit cas), du testicule (quatre cas), de la verge (un cas) et de l’urètre (un cas). Les cancers du rein étaient constitués de néphroblastomes (sept cas) et de carcinomes à cellules claires (sept cas). Tous les cancers de la prostate étaient des adénocarcinomes. Pour le cancer de la vessie, on dénombrait le carcinome urothélial (trois cas), le carcinome épidermoïde (deux cas), l’adénocarcinome lieberkhunien (un cas), le sarcome rhabdoïde (un cas) et le carcinome peu différencié (un cas). Les cas de cancers du testicule étaient des carcinomes embryonnaires (deux cas) et des seminomes (deux cas). Les cancers de la verge et de l’urètre étaient respectivement un carcinome épidermoïde et un carcinome urothélial. CONCLUSION : Les cancers urologiques étaient relativement fréquents dans notre unité. Les plus fréquents était les cancers du rein, de la prostate et de la vessie.
MOTS-CLES : Epidémiologie ; Rein ; Prostate ; Vessie ; Cancers.

INTRODUCTION

Les cancers urologiques regroupent un ensemble de tumeurs malignes affectant les organes de l’appareil urinaire chez les deux sexes et l’appareil génital mâle. Ils regroupent les cancers du rein, de l’uretère, de la vessie, de l’urètre, du testicule, de la prostate et de la verge. Ces cancers sont fréquents et en nette augmentation dans la majorité des pays [1-3]. Les cancers urologiques représentent 19% de l’ensemble des cancers enregistrés dans le registre du cancer de Sétif (Est algérien) [1]. Le cancer de la prostate représente 7,1% de mortalité dans le monde [4]. Au Mali tout comme au Sénégal oriental, zones d’endémies bilharziennes, on peut constater que les cancers urologiques sont dominés par le cancer de la vessie [5, 6]. Les données sont quand même insuffisantes notamment en Guinée [7-9]. D’où l’intérêt de la réalisation de cette étude qui pour a objectif de déterminer la fréquence et de décrire les aspects anatomocliniques des cancers urologiques admis à l’unité de chirurgie oncologique de l’Hôpital National Donka.

MATERIELS ET METHODES

Cette étude rétrospective et descriptive a concerné les cas de cancers urologiques histologiquement confirmés admis de 2007 à 2017 à l’unité de chirurgie oncologique de l’Hôpital National Donka, CHU de Conakry.
Après une répartition des cas en fonction du site primitif, nous avons décrit les caractéristiques sociodémographiques (âge, sexe), les facteurs d’exposition, l’existence d’une comorbidité et le délai de consultation. La classification internationale des maladies pour oncologie (CIM-O10) a été celle utilisée pour classer le type histologique. Le type histologique, le grade de différenciation et le stade d’extension ont été précisés en fonction des localisations primitives. La classification clinique TNM (2018) de l’Union Internationale de Lutte Contre le Cancer (UICC), le score de Gleason (prostate), le risque de D’amico (prostate), le grade de Fuhrman (cancer du rein adulte) et la stadification de la Société Internationale d’Oncologie Pédiatrique (SIOP) (néphroblastome) ont été celles utilisées pour classer les différents cancers urologiques dans cette étude.
Les données ont été analysées sur le logiciel SPSS© version 21.0. Les données qualitatives ont été analysées sous formes de proportion et celles quantitatives sous formes de moyenne (± écart type) ou médiane avec intervalle interquartile (IQR).

RESULTATS

Nous avons colligé 70 (2,2%) cancers urologiques sur 3.211 cancers admis dans notre unité de 2007 à 2017. Parmi ces 70 cancers urologiques, 40 (57,1%) ont été histologiquement confirmés (Figure 1).

Figure 1 : Pourcentage (%) de cas de cancers urologiques en fonction du site primitif (n=40).

Les cancers du rein

Le sexe-ratio était de 1. L’âge médian était de 20,5 ans avec des extrêmes de deux et 74 ans. La moyenne d’âge était de 23,5 ans (± 20,9). Un antécédent de néphrectomie a été retrouvé chez quatre patients dont deux souffraient de rhumatisme articulaire aigu. La consommation de tabac et d’alcool a été retrouvé respectivement chez deux et un patients. Un antécédent familial de cancer chez la mère était présent chez un patient. Les patients ont consulté pour hématurie dans neuf cas, douleurs lombaires et abdominales dans sept cas et masse abdominale dans six cas. L’hématurie était totale dans quatre cas et terminale dans cinq cas. La pâleur des conjonctives et l’hypertension artérielle ont été retrouvées respectivement chez quatre et un patients. Le taux d’hémoglobine était inférieur à 10 g/dl chez quatre patients et supérieur à 10 g/dl chez huit patients et les deux autres n’avaient pas effectués de taux d’hémoglobine. L’urémie était inférieure à 0,15 g/l dans sept cas. Selon la formule de Cockcroft et Gault, trois patients étaient en insuffisance rénale sévère (clairance de la créatinine inférieure à 30), un autre était en insuffisance rénale légère (clairance de la créatinine à 63,2).
Il s’agissait de neuf cancers du rein de l’adulte et de cinq néphroblastomes. Parmi les cas de cancers du rein de l’adulte, sept étaient des carcinomes à cellules claires et deux des carcinomes tubulo-papillaires. Le grade de Furhman était évalué à IV chez un cas renseigné. Selon la classification SIOP, les néphroblastomes étaient classés stade II dans deux cas, en stade III dans un cas et les deux autres n’étaient pas classés. Selon la classification T, les cas de cancers du rein de l’adulte ont été répartis en T4 (cinq cas), T3 (deux cas) et Tx (cinq cas), T2 (un cas), T1 (un cas). Les localisations métastatiques étaient hépatiques (deux cas) et pulmonaires (trois cas). Parmi les 14 patients, trois étaient vivants, huit décédés et trois étaient perdus de vue. Le tableau I présente les caractéristiques des cancers du rein regroupant l’âge, le sexe, les motifs de consultation, l’histologique et la classification.

Le cancer de la prostate

L’âge médian était de 68 ans avec des extrêmes de 60 et 81 ans. La consommation de tabac et d’alcool a été notée respectivement chez six et deux patients. Un patient était infecté par le VIH. Les patients ont consulté pour dysurie (cinq cas), douleur lombaire (cinq cas), rétention aigue d’urine (quatre cas) et impériosité mictionnelle (deux cas). L’œdème des membres inférieurs a été constaté dans deux cas. L’hypertension artérielle était présente chez six patients. Au toucher rectal, on notait une hypertrophie de la prostate dans sept cas dont une infiltration du rectum avec saignement. La prostate semblait de taille normale dans cinq cas. Huit patients avaient un taux de PSA compris entre 10 et 100 ng/ml. Le taux d’hémoglobine était ≤10 g/dl chez trois patients et >10 g/dl chez sept patients. Deux patients avaient présenté une infection urinaire dont un à Klebsiella pneumoniae et l’autre à Streptocoque. La calcémie était <90 mg/l dans trois cas.
L’échographie abdominale et pelvienne a permis de montrer chez neuf patients une hypertrophie (homogène et hétérogène) de la prostate (cinq cas), une hypertrophie hétérogène de la prostate avec des adénopathies iliaques (un cas), une vessie de lutte (un cas) et des images hypoéchogènes multiples hépatiques (un cas) et des micros-calcifications diffuses hépatiques (un cas).
L’examen histologique des pièces de biopsie a confirmé le diagnostic d’adénocarcinome prostatique chez tous les patients. Le score de Gleason de 6 était dans deux cas, de 7 dans un cas, de 8 dans un cas et de 9 dans deux cas. Selon la stadification TNM de l’UICC, les cas de cancer de la prostate étaient classés en T3 et T4 dans 42 cas, T2 dans trois cas et Tx dans cinq cas. Les métastases étaient présentes chez huit patients dont deux présentaient des localisations hépatiques, quatre pulmonaires et deux osseuses. Le risque de D’Amico était élevé dans 10 cas (Tableau 2). Parmi les 12 patients, six sont vivants, trois sont décédés et les trois autres sont des perdus de vue.

Le cancer de la vessie

Sur les hui cas, deux étaient des femmes et six des hommes. L’âge médian était de 47,50 ans avec des extrêmes de deux et 65 ans. Un antécédent de calcul vésical a été retrouvé chez un patient, et la bilharziose chez un autre. La consommation de tabac a été retrouvé respectivement chez deux. Le VIH était retrouvé chez un patient. Une patiente était en post-partum de trois mois.
Les patients ont consulté pour hématurie terminale (sept cas), dysurie (deux cas), pollakiurie (un cas), rétention aigue d’urine (trois cas), brûlure mictionnelle (trois cas), masse abdominale (deux cas), et douleur pelvienne (deux cas). Un taux d’hémoglobine ≤10 g/dl avait été retrouvé chez six patients et >10 g/dl chez un patient. Une infection urinaire à Cocci gram positif en amas a été retrouvée chez un patient. L’hydronéphrose était présente chez quatre patients. Il s’agissait d’un carcinome urothélial (trois cas), de carcinome épidermoïde (deux cas), d’adénocarcinome lieberkhünien (un cas), de sarcome rhabdoïde (un cas) et de carcinome peu différencié de la muqueuse vésicale (un cas). Les cas de cancer de la vessie étaient répartis en T4 dans deux cas, T3 dans un cas, T2 dans deux cas, Tx dans trois cas. Parmi les huit patients, cinq étaient des tumeurs infiltrantes de vessie infiltrant la muqueuse. Les métastases pulmonaires ont été retrouvées chez un patient. Parmi les huit patients, un était vivant, cinq étaient décédés et deux perdus de vue. Le tableau 3 présente les caractéristiques des cancers de la vessie.

Le cancer du testicule

Les quatre patients avaient un âge médian qui était de 41 ans avec des extrêmes de six et 70 ans. Un patient était diabétique. La tuméfaction et la douleur testiculaire ont été les motifs de consultation chez les quatre patients. Une rétention aiguë d’urine a été notée chez un patient. La bourse était rétractée chez un autre. L’œdème des membres inférieurs était présent chez un patient. L’histologie montrait deux carcinomes embryonnaires et deux seminomes. Des métastases ganglionnaires iliaques ont été retrouvées dans un cas. Parmi les quatre patients, deux sont décédés et les deux autres sont perdus de vue.

Le cancer de l’urètre

Il s’agissait d’un patient âgé de 70 ans, chauffeur, consommant le tabac qui présentait un carcinome urothélial de type transitoire de découverte post-opératoire. A l’examen clinique, on notait une infiltration œdémateuse du scrotum avec rétraction du pénis sur sonde vésicale à demeure. Ce patient était perdu de vue.

Le cancer de la verge

Il s’agissait d’un patient de 61 ans qui avait consulté pour prurit et tuméfaction de la verge évoluant depuis 120 mois. Ce patient était suivi pour une insuffisance aortique. Il présentait une tumeur ulcéro-bourgeonnante de la racine de la verge située dans sa partie latérale droite, de consistance ferme, mobile par rapport au plan profond, bien limitée, saignant au contact et sans adénopathies inguinales. L’examen histologique de la biopsie a confirmé un carcinome épidermoïde de la verge. Ce patient était décédé par progression tumorale sans traitement.

DISCUSSION

En Guinée, on estime à 13,8% le pourcentage de cancers urologiques dans les deux sexes [4]. Cependant la fréquence des cancers urologiques nous paraît sous-estimée à cause de l’absence de confirmation anatomopathologique chez 30 patients dans cette étude. Toutefois avec 2,3%, on peut considérer que les cancers urologiques constituaient un motif relativement fréquent de consultation dans notre unité. Cette fréquence est inférieure à celle trouvé dans les services d’urologie du Togo et du Bénin qui étaient de 14,7% et 17,38% respectivement [10, 11]. Cette différence serait liée au fait que les services d’urologie soient des centres de référence pour la prise en charge des cancers urologiques tant que ceux-ci ne sont pas métastatiques. La majorité des patients qui ont été orientés par le service d’urologie dans notre unité étaient à des stades métastatiques ou localement avancés.
Contrairement aux statistiques des services d’urologie [10, 11] et celui du registre de cancer [4], le cancer du rein était le premier cancer urologique dans notre étude. Cette fréquence élevée de cancer du rein était due à la prise en charge à la fois des cancers du rein de l’enfant et de celui de l’adulte dans notre unité. Dans la majorité des cas, le cancer du rein est un cancer relativement rare et vient au troisième rang des cancers urologiques après celui de la prostate et de la vessie [10, 12]. Son incidence serait forte en Amérique du Nord, en Europe occidentale, dans les pays scandinaves et en Australie ; en revanche, elle est faible en Asie et en Afrique [13]. Tossou et al [14] estimaient leur fréquence à Dakar à 1,10% de l’ensemble des cancers. L’âge moyen de 23,5 ans avec des extrêmes allant de deux à 74 ans est superposable à celui d’une étude réalisée en RCI avec une moyenne d’âge de 25,52 ans avec des extrêmes allant d’un à 67 ans [5]. Les carcinomes à cellules claires étaient plus fréquents chez l’adulte dans notre étude alors que chez l’enfant, le néphroblastome était le type histologique avec un âge compris entre trois et neuf ans. Le néphroblastome est l’un des cancers les plus fréquent de l’enfant ; il représente le troisième cancer de l’enfant au Mali [15].
Le cancer de la prostate était le second cancer dans notre étude contrairement aux données du service d’urologie de l’Hôpital National Ignace Deen, du registre de cancer de Guinée et même des pays occidentaux qui mettent le cancer de la prostate au premier rang [4, 7, 14]. Les patients étaient âgés avec une moyenne de 68,9 ans, proche de 70,3 ans pour les patients suivis au service d’urologie de l’Hôpital National Ignace Deen [7]. Selon Boyle et al, c’est le cancer le plus fréquent chez l’homme de plus de 50 ans [16] et sa fréquence augmente avec l’âge [17]. Le dosage du PSA est important dans la démarche diagnostique bien qu’il ne soit pas un marqueur spécifique du cancer prostatique [18]. Il s’agissait souvent d’adénocarcinomes fréquemment rapportés [19-21]. Les patients étaient admis à des scores pronostic élevés et à des stades métastatiques, ce qui dénote un pronostic très sombre des patients reçus dans notre unité. Le cancer de la prostate est souvent de bon pronostic à condition que le diagnostic soit précoce et le traitement proposé soit adéquat.
Les tumeurs de la vessie représentent la septième cause de décès par cancer chez l’homme et la dixième chez la femme [19]. En Afrique, les pays du Maghreb et d’Afrique de l’Ouest enregistrent les incidences les plus élevées [11, 22, 23]. Dans cette étude, le cancer de la vessie occupe la troisième place des cancers urologiques avec 20%, similaires à la fréquence de 23% au Sénégal rapportée par Dangou et al [24]. L’âge moyen de 41,8 ans est inférieur aux données rapportées par Ouattara et al [11] au Bénin qui avaient rapporté un âge moyen de 49,7 ans. L’âge moyen des cancers de la vessie est très avancé, entre 69 et 71 ans en France [25]. Nous avons noté une prédominance masculine comme rapportée au par Darré et al [10] au Togo. Le carcinome urothélial était le type histologique prédominant contrairement à une étude menée au Sénégal où le carcinome épidermoïde était le type histologique le plus fréquent [26]. La différence avec le Sénégal est liée à la prévalence élevée du carcinome épidermoïde en zone d’endémie bilharzienne au niveau des zones où existent des aménagements hydroagricoles.
Le cancer du testicule est l’un des rares cancers urologiques, représentant environ 1% de l’ensemble des cancers et reste le plus fréquent des cancers de l’homme jeune [19, 27]. Dans notre étude, deux étaient âgés de plus de 50 ans avec une moyenne d’âge de 41 ans. Les données recueillies dans les pays en voies de développement sont encore très parcellaires, mais elles semblent confirmer que les hommes d’appartenance ethniques noire ou asiatique présentent une incidence du cancer du testicule plus faible que ceux d’appartenance ethnique blanche. Les tumeurs germinales séminomateuses sont les types histologiques le plus rencontrés pour le cancer du testicule [28]. Il en était de même dans notre étude où tous les patients avaient une tumeur germinale des testicules.
Les cancers du pénis sont réputés être rare dans la littérature, et les séries publiés sont sporadiques [29]. Il touche le plus souvent l’homme après 50 ans [30]. L’âge de 61 ans retrouvé dans notre étude est inférieur à celui retrouvé dans une étude réalisée au service d’urologie et andrologie qui était de 70 ans [31]. En dehors des lésions bénignes du pénis représentées par les condylomes, les cancers du pénis sont la deuxième néoformation de la verge la plus observée et sont tous des carcinomes de type épidermoïdes [32, 33] comme dans notre étude.
Les cancers de l’urètre sont des tumeurs rares (moins de 1%) des cancers [24]. Nous avons trouvé un seul cas de carcinome urothélial en 11 ans. C’est un cancer du sujet âgé et plus fréquent chez les femmes [13]. Le carcinome urothélial était le type histologique retrouvé.

CONCLUSION

Les cancers urologiques étaient relativement fréquents dans notre unité, dominés par les cancers du rein, de la prostate et de la vessie. Chez les enfants, il s’agissait essentiellement de néphroblastome. Ces patients sont vus à des stades avancés et souvent métastatiques. Les aspects thérapeutiques et évolutifs de ces cancers doivent être évalués par d’autres études ultérieures.

CONFLITS D’INTERET : Les auteurs n’ont déclaré aucun conflit d’intérêts.

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